Crise climatique : que faire devant l’impact négatif des consoles de nouvelle génération sur la planète ?

Avec l’expension de nouvelles consoles, le cloud gaming et la réalité virtuelle à l’horizon, les jeux vidéo peuvent avoir des conséquences affreuses croissantes sur l’environnement. Néanmoins, de plus en plus les développeurs prennent conscience des impacts négatifs des jeux vidéo sur notre environnement, au cours des derniers mois, certains d’entre eux ont pris des mesures proactives.

En 2020, les appareils électroniques grand public s’accumulent. D’autres sont en route. Nous voulons le plus récent, le plus rapide, le plus puissant. Il semble que les joueurs aspirent toujours à de meilleures résolutions, à des fréquences d’images plus élevées et à des graphismes toujours plus impressionnants. Jouer pour la planète, une initiative invitant les principaux acteurs de l’industrie à lutter contre le changement climatique, a été annoncée par la fondation environnementale norvégienne GRID-Arendal lors du sommet sur l’action pour le climat en septembre. Des poids lourds de l’industrie comme Sony, Microsoft et Google ont tous promis leur soutien.

La prochaine décennie, en particulier, promet d’être transformatrice pour la planète, et pour l’industrie du jeu vidéo. L’avenir semble être plus énergivore que jamais en 2020, Microsoft et Sony lanceront de nouvelles consoles toujours plus puissantes, donnant vie aux rêves de RV et RA les plus incroyables. Les services de jeux dans le cloud, donneront naissance à une ère de connexion permanente, si bien que la limite entre le monde réel et les mondes numériques de nos avatars se fera à peine ressentir.

En 2013, le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a atteint 400 parties par million (ppm) pour la première fois en plus de 3 millions d’années. L’année 2013 a également vu la sortie de la Xbox One de Microsoft et de la PlayStation 4 de Sony, et depuis lors les niveaux de dioxyde de carbone ont continué d’augmenter, atteignant récemment 413 ppm. selon un article de The Verge sur la PS4, l’assemblage des 100 millions d’unités PlayStation 4 vendues depuis 2013 a généré environ 9,8 millions de tonnes de dioxyde de carbone, devançant des pays comme le Costa Rica et la Moldavie. Ce chiffre double, atteignant près de 22 millions de tonnes si l’on ajoute dessus la consommation d’énergie.

Sony promet résoudre ce problème avec la PS5, Jim Ryan, président et chef de la direction de Sony Interactive Entertainment, a annoncé que la console serait en mesure de «reduire la consommation d’énergie bien en dessous de celle de la PS4 lorsque le jeu est suspendu». Il a déclaré que si 1 million d’utilisateurs activaient cette fonctionnalité «cela économiserait l’équivalent de la consommation électrique moyenne de 1 000 foyers américains».

L’Environmental Protection Agency des États-Unis indique qu’une seule maison américaine consomme en moyenne 12 146 kWh par an, générant environ 6,5 tonnes de carbone. Chaque million d’utilisateurs pourrait économiser 6 500 tonnes de carbone. Cela représente 0,004% des émissions de CO2 de Sony en 2018, qui totalisaient 1807261 tonnes.

Certaines hypothèses sur les heures d’utilisation et de vente de la Xbox One, le meilleur des cas mettrait les émissions de carbone de la Xbox One au même niveau que celles de la PS4, d’autres estimations moins prudentes situeraient les émissions à environ 35 millions de tonnes, ce qui équivaut à prendre entre 40 et 95 millions de vols de New York à Los Angeles.

Microsoft, qui fait partie de l’Alliance Playing for the Planet de l’ONU, s’est engagé à créer 825 000 consoles Xbox One X «neutres en carbone». Les consoles seront fabriquées de la même manière que les autres Xbox Ones, mais Microsoft les rendra neutres en carbone en achetant des compensations de carbone de haute qualité et en utilisant des énergies renouvelables.

Par ailleurs le laboratoire Green Gaming de Mills et Bourassa a montré que les services cloud peuvent doubler la consommation d’énergie des systèmes de jeux dans certains cas. Les prévisions montre que les centres de données pourraient représenter 60% de toute la consommation d’électricité dans l’industrie des communications d’ici 2025, il est impératif de les rendre plus efficaces et de les alimenter en utilisant des sources renouvelables.

Selon des analyses, la plupart des fabricants et développeurs de consoles enterrent les détails de leurs émissions dans des rapports annuels ou des documents de responsabilité d’entreprise. Seulement un petit nombre d’entre eux rendent les données sur les émissions publiques dans les rapports annuels, de plus parmi les éditeurs dans le top 10 en termes de revenus comme Electronic Arts ou Tencent, il n’existe pas de donnée à ce sujet.

Au final qui est mieux indiqué comme responsable de l’écologisation de l’industrie du jeu ? l’opinion est généralement la même : les défis auxquels les jeux vidéo sont maintenant confrontés sont les mêmes défis auxquels est confrontée la société au sens large dans la lutte contre la crise climatique. La responsabilité s’étend du haut avec les méga-entreprises aux milliards de dollars de revenus, jusqu’aux joueurs individuels assis devant leur écran.

Ce qui peut être fait? «Pour les particuliers je pense que la chose la plus importante est que vous devez essayer de vous informer.» », explique Morgan Jaffit, un développeur de jeux de vétéran et fondateur de Defiant Development. Nos cultures, notre sens de soi, nos personnalités et nos vies sociales sont intimement liées à ces technologies. Il n’y a aucun moyen de leur échapper.

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